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2.1.2- La Crise d'OKA

La Crise d'Oka

(Ryder Gillespiehh)

La crise d'Oka est un fait marquant de l'histoire canadienne. Elle révèle notamment la fracture plus ou moins cachée qui existait entre autochtones et colonisateurs blancs. Ces événements ont eu lieu en 1990, non loin de Montréal dans la région des Deux montagnes, à Kanehsatake, un territoire Mohawk qui jouxte la ville d'Oka, d'où la crise tire son nom.

Les raisons de la crise sont doubles, la première raison, la plus directe est celle qui veut que le maire de la ville d'Oka voulait étendre un terrain de golf, empiétant ainsi sur les terres que les indiens Mohawks considéraient comme leur appartenant. Ce premier événement est certainement celui qui va initier ce que deviendra alors «  La crise d'Oka ». Il est cependant une deuxième raison sans laquelle cette crise ne pourrait pas s'expliquer, et cette raison est plus profonde puisqu'elle touche à l'histoire même des peuples autochtones du Canada depuis l'arrivée de l'homme blanc. Cette crise va en donc révéler une frustration contenue pendant plusieurs siècles entre les autochtones et leurs colonisateurs, frustration qui n'est pas éteinte aujourd'hui encore.

C'est par cet aspect historique que nous débuterons le récit des événements de cette crise qui a secoué le Canada. Puis, nous intéressant plus précisément à la crise d'Oka, nous établirons une chronologie des faits les plus marquants de cette période. Enfin, et pour conclure ce chapitre au sujet de la crise d'Oka, nous nous intéresserons aux conséquences et aux prolongements qu'elle a suscité dans la relation entre autochtones et hommes blancs. Nous élargirons enfin notre réflexion en évoquant d'autres aspects de la question autochtones qui ont marqué cette période et qui d'une certaine façon, partage les mêmes racines qui ont donné naissance à crise d'Oka.

 

Les Indiens, une histoire de spoliation:

Revenir sur le sort réservé aux Mohawks depuis l'arrivée des premiers colons est certainement un axe important de la crise qui secouera la région d'Oka, quelque 270 ans plus tard. Pour cela nous nous reprendrons l'histoire telle qu'elle est racontée par Alanis Obomsawin dans le film qu'elle a réalisé en 1994 : "Kanehsatake: 270 Years of Resistance".

Tout commence donc 270 ans avant la crise d'Oka, alors que les terres du Canada étaient celles des peuples autochtones. À cette époque, les Mohawks étaient organisés dans une confédération de 5 nations (les Tsonnontouans, les Onnontagués, les Goyogouins, les Onneiouts et les Agniers (Mohawks)) et à ce titre étaient les gardiens de l'est de ce territoire. En 1535, lors de son second voyage au Canada, Jacques Cartier, envoyé par François Ier, arrive au village Iroquois (Les Mohawks sont des Iroquois) qui deviendra plus tard Montréal. En 1663, les seigneurs du séminaire de St Sulpice à Paris furent désignés les détenteurs de ces territoires nouvellement découvert par Cartier. Cet acte marqua le début de la dépossession des terres des indiens par l'homme blanc.

PEn 1676, les Mohawks furent déplacés plusieurs fois par les sulpiciens avant, finalement, de se retrouver à l'embouchure de la rivière Ottawa, au Lac de Deux-Montagnes. C'est à ce moment que le village est créé et qu'il prend le nom de Kanehsatake que l'on connait aujourd'hui. En 1716, au nom du roi de France, Louis XV qui n'avait alors que 6 ans, une promesse est faite à la nation Mohawk. Cette promesse leur offre une portion de terre d'environ une vingtaine de km2. A côté, une autre portion de terre, plus petite, fut accordée aux Sulpiciens. Mais cela ne convenait pas aux Sulpiciens en raison des nombreux échanges commerciaux qui avaient lieux dans cette région. C'est pourquoi l'année suivante, après des transactions dont les Mohawks furent exclus, les Sulpiciens obtiennent finalement tout le territoire, y compris celui des Mohawks, et deviennent les nouveaux seigneurs du Lac de Deux-Montagnes.

Mais à partir de 1760, la nouvelle France passe sous domination de l'empire Britannique. Un courrier est alors adressé aux habitants de Kanehsatake. Les anglais leur demande de se soumettre ou de voir le village mis à feu et à sang. Lors d'un conseil réunissant les représentants anglais et les indiens, les titres des terres et le respect des religions fut accordé aux indiens en échange de la soumission à la couronne britannique. 18 mois était donnés à ceux qui voulaient partir. Mais 4 mois avant l'échéance, les Sulpiciens font transférer les titres des terres qui sont à Paris, au supérieur de l'ordre de Montréal, qui fera peu après allégeance à la couronne. Depuis, et face aux Sulpiciens qui leur déni toute propriété, les indiens se battent pour faire reconnaître leurs droits sur ces terres. La figure de Joseph Onasakenrat, un chef Mohawk éduqué par les Sulpiciens est emblématique de cette résistance des indiens à faire reconnaître leurs terres, puisque se retournant contre ceux qui l'ont éduqué, il exigera leur départ. A la place, la police de Montréal interviendra pour mettre en prison ce chef Mohawk ainsi que nombre de ceux qui le suivaient.

Dans les années ‘30 les habitants d'Oka viennent jouer au golf sur des terres proches de la ville. Les indiens Mohawks se plaignent alors régulièrement que leurs animaux sont maltraités. En 1947, la municipalité s'approprie ces terres et exproprie les indiens. Le cimetière Mohawk devient propriété de la ville d'Oka. C'est en 1961 que le projet de terrain de golf initial, un parcours de 9 trous, est achevé. La communauté Kanien’kehaka tentera certes de porter l'affaire devant la cour, mais le temps que la cour prenne en charge la requête des indiens, la plupart des terres était déjà rasées et les constructions démarrées, et ce juste à coté du cimetière sacré des Kanien’kehaka. En 1990, le maire d'Oka, Jean Ouellette, décide d'agrandir le terrain de golf pour en faire un parcours de 18 trous, ce qui implique de construire de nouveau sur une partie du territoire Mohawk. Malgré de nombreuses discussions pour éviter l'aboutissement du projet, l'intransigeance du maire reste total... c'est le début de ce que l'on appel aujourd'hui la crise d'Oka.

Source : Radio Canada : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Index/nouvelles/200507/11/009-oka-15-ans.shtml - Le film de Alanis Obomsawin : "Kanehsatake: 270 Years of Resistance". Durée : 1h59 http://www.onf.ca/film/kanehsatake_270_ans_resistance

 

Chronologie des évènements de la crise d'Oka:

  • 10 Mars : Les Mohawks de Kanehsatake débutent leur manifestation face au projet d'agrandissement voulue par la mairie en occupant une route de terre qui mène au terrain de golf. Le maire d'Oka leur donne alors jusqu'au lundi 9 Juillet pour obéir à une autorisation de construction qui lui a été accordé pour ce projet. Date au delà de laquelle il annonce qu'il aura recours à la force pour déloger les manifestants.
  • 1 Mai : Des policiers de la Sureté du Québec et de New-York interviennent sur la réserve amérindienne d'Akwasasne à la suite du meurtre de deux Mohawks. A l'image du conflit qui aura lieu à OKA, cet incident survient alors qu'il y a confrontation entre partisans et opposants à la construction d'un casino à Akwasasne.
  • 9 Juillet : Le ministre aux affaires autochtones, John Claccia, écrit au maire d'Oka pour lui demander d'annuler le projet d'extension du terrain de golf.
  • 10 juillet : la veille de l'affrontement, le maire d'Oka, Jean Ouellette, demande à la SQ (Sureté du Québec) de faire respecter une injonction ordonnant la levée des barricades Mohawks.
  • 11 juillet : Au petit matin de ce 11 Juillet, la ville d'Oka assiste à l'arriver d'une centaine d'agents des forces de sécurité de la SQ. Dans le même temps, les indiens Mohawks qui résistent d'une autre réserve Mohawk à Kahnawake bloquent l'accès au pont Mercier en menaçant de le faire sauter. Cette action des indiens de Kahnawake est généralement considéré comme l'élément qui penchera la balance en faveur des Mohawks qui se battent à Kanehsatake, car non seulement la communauté de Kahnawake est plus nombreuse, mais elle bloque surtout un pont stratégique. Un peu plus tard dans la journée, à Kanehsatake, une fusillade éclate au cours de laquelle, un agent de la police, le Caporal Marcel Lemay, trouve la mort. Encore aujourd'hui, cette mort n'est pas élucidée et personne ne sait d'où est parti le coup, cependant, « au terme d'une enquête de 128 jours sur la mort du caporal Lemay, le coroner Guy Gilbert a blâmé les gouvernements pour leur inertie et la Sûreté du Québec pour avoir fait preuve de négligence en ordonnant à ses policiers d'intervenir à Oka. »
    Suite à cet assaut, les agents de la SQ battent en retrait et les Mohawks qui ont pris les armes et se font dorénavant appelé les "warriors" en profitent pour dresser des barricades sur la route principale qui mène au golf à l'aide des véhicules abandonnés par les autorités. Les divisions qui pouvaient régner au sein des différents clans Mohawks s'effacent pour faire front.
  • De l'autre coté, les forces de la SQ se renforcent. Des barrages de police se mettent en place et encerclent la zone. Les autochtones qui étaient en dehors du périmètre ne peuvent plus rentrer chez eux, d'autres partent de peur que la situation ne s'envenime.
  • Le 29 Juillet, un rassemblement pour la paix s'établit à Oka.
  • John Claccia et d'autres sont alors interpelés sur l'approvisionnement en nourriture de la communauté Mohawk qui serait retardé, voir empêché par les barrages de la SQ. Les manifestations vont bon train de chaque coté de la société civile, en soutient ou au contraire on condamne le mouvement Mohawk.
  • 8 août : le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, nomme le juge Alan B. Gold comme médiateur et le charge d'obtenir un accord préalable à l'ouverture de véritables négociations. Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, demande l'intervention de l'armée canadienne.
  • 3 août : Mise en place de barrages sur les routes 15 et 132 par des citoyens de Chateauguay en colère contre les indiens qui empêchent la circulation sur le pont Mercier.
  • 12 août : Après 4 jours de négociations, les représentants d'Ottawa et de Québec se rendent derrière la barricade principale d'Oka pour signer une entente obtenue par le juge Gold. La signature a lieu devant des warriors armés et masqués et en présence des caméras de la télévision. L'accord prévoit le libre accès des médicaments et des vivres, la liberté de mouvement des conseillers Mohawks et la constitution d'une équipe internationale d'observateurs pour les négociations qui débuteront le 16 août. Le même jour, des manifestants marchent sur le Pont Saint-Louis-de-Gonzague contre les barricades qui empêchent la circulation au pont Mercier. La manifestation est fermement réprimée par la SQ, mais dans la soirée les émeutes se poursuivent, opposant les manifestants aux policiers. Ces altercations feront plusieurs blessés et quelques arrestations.
  • 17 août : Un mois après l'assaut de la Sûreté du Québec contre les barricades érigées par les Mohawks à Oka, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, demande aux forces armées canadiennes de relever la Sûreté du Québec. L'armée est déployée près de Oka et de Kahnawake. Ce sont près de 2500 hommes qui prennent position. Pendant ce temps les discussions se poursuivent entre négociateurs Mohawks et représentants provinciaux et fédéraux au monastère des trappistes d'Oka. L'armée pose alors un ultimatum aux représentants de la communauté Mohawk. Ceux-ci doivent libérer la circulation au pont Mercier sous trois jours, ou l'armée avancera.
  • 23 Août : L'armée avance finalement sur le territoire Mohawk de Kanehsatake. C'est le major Alain Tremblay qui est à l'initiative. Mais ce mouvement met en péril les négociations qui ont lieu au monastère des trappistes.
  • 25 Août : Les négociations sont définitivement rompues.
  • 28 août : Craignant une attaque de l'armée, 75 voitures Mohawks évacuent Kahnawake. Des manifestants blancs en colère lapident alors le cortège de voitures qui sort du périmètre. Un homme âgé meurt d'une crise cardiaque pendant l'évacuation. Les maisons abandonnées sont vandalisées.
  • 29 août : l'armée et les warriors de Kahnawake s'entendent pour le démantèlement des barricades et ainsi rouvrir le pont Mercier au trafic. De l'autre coté, à Kanehsatake, les warriors apprennent la nouvelle avec déception.
  • 1er septembre : l'armée progresse vers les positions Mohawks et démolit les barricades mises en place autour de Kanehsatake. Une trentaine de warriors se trouvent alors assiégés dans un centre de retraitement dans la forêt.

Sources :

 

Quelles suites à la crise d'Oka?

La crise d'Oka :

Un an après la crise d'Oka, le 26 août 1991, le gouvernement fédéral instaurera une commission d'enquête chargée d'étudier l'évolution des relations entre les peuples autochtones, la société canadienne et le gouvernement. Le rapport sera finalement publié en 1996 et mettra en évidence la « nécessité d'une restructuration complète des relations entre les peuples autochtones et non autochtones du Canada  »*.

Le 3 juillet 1992, c'est l'acquittement pour les 34 Mohawks accusés d'entrave à la justice ainsi que d'avoir participé à une émeute en 1990 lors de l'intervention de l'armée à Oka. Pour l'avocat de la défense, Richard Corriveau : « Le verdict constitue aujourd'hui le dénouement de cet acharnement des Mohawks à défendre l'intégrité de leurs territoires »**.

Suite aux nombreuses critiques émises à l'égard de la Sureté du Québec, une commission d'enquête est constituée le 23 octobre 1996 par le ministre de la Sécurité publique du Québec avec mandat d'enquêter entre autre sur : « les pratiques ayant cours en matière d'enquêtes criminelles à la Sûreté du Québec dans les cas de crime majeur ainsi que la gestion et l'encadrement de ce type d'enquête ». Mais Selon le MAVCO (le Mouvement d'Aide Aux Victimes de la Crise d'Oka) ce sera en vain. Le mémoire déposé en mars 1998, suivi par un complément d'information et une audition de la commission le 4 août 1998, n'aura semble t-il eu aucun effet. « Le MAVCO a déposé un volumineux mémoire à la Commission en mars 1998 qui a été suivi d'un complément d'information en juillet 1998 et de l'audition à la Commission le 4 août 1998. Les membres de la sûreté du Québec qui avaient refusé toute protection à la population civile de Kanehsatake pendant cinq années avaient l'opportunité de confirmer leur impuissance et leurs allégations, qu'ils avaient les mains liées par les politiciens devant les commissaires de la Commission. Aucun des procureurs représentant les membres et les organismes de la Sûreté du Québec n'est venu contredire les multiples faits déposés ni répondre aux multiples questionnements du mémoire et pas plus d'ailleurs ont-ils répondu que les policiers avaient été réduits au silence et à l'impuissance par les politiciens. La Commission elle-même, dans son rapport remis en janvier 1999, a passé complètement sous silence notre intervention à la Commission et notre questionnement sur les innombrables lacunes à la sécurité et aux pratiques d'enquêtes criminelles survenues à Kanehsatake »***.

Le 23 octobre 2000, on assiste finalement à la signature d'une entente entre Ottawa et Kanehsatake. A partir de cette date, Kanehsatake, devient la seule communauté qui n'est pas sous la juridiction des Affaires indiennes et du Nord Canada. Les autochtones doivent dorénavant respect aux lois et aux juges Mohawks qui sont nommés. Le grand chef du conseil de bande, James Gabriel, doit alors à faire face à un chômage important, entre 50 et 60 % des Mohawks sont touchés.

Sources :
* : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/20171.html
** : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/collaborations/8439.html
*** : http://www.criseoka.ca/insecurite/poitras.htm

 

Parallèlement à la crise d'Oka:

Dans les années ‘90, la question autochtone ne se limite pas à la crise d'Oka qui est peut-être l'épiphénomène d'une résurgence des revendications autochtones qui se fait plus forte sur l'ensemble du territoire canadien.

Ainsi, à la même période, ont lieu des discussions en vue d'aboutir à l'accord du lac Meech. Cet accord avait pour objectif de faire accepter la Constitution canadienne aux Québécois. Mais l'un de ses aspects les plus contesté, notamment par les peuples autochtones, était que cet accord mettait en avant uniquement deux peuples fondateurs : les Anglais et les Français. Les autochtones avaient donc peur que cet accord n'entraine une limitation de leurs revendications territoriales ainsi que de leurs droits à leur autodétermination. C'est finalement un député autochtone du Manitoba, Elijah Harper, qui fit suspendre la législature provinciale de cette province en 1990, empêchant celle-ci de répondre favorablement à l'accord avant la date limite, entraînant de fait l'échec de l'accord.

Face à cet échec, un nouvel accord vit le jour, ce fut l'accord de Charlottetown en 1992. Celui-ci avait pour objectif, là encore de favoriser l'adhésion des Québécois à la Constitution canadienne, mais cette fois-ci en prenant en compte les revendications des chefs autochtones. Mais cet accord qui fut soumis à un référendum national fut lui aussi rejeté, la même année.

Les années ‘90 voient aussi des victoires pour les peuples autochtones :

  • Suite à un accord obtenu en 1993, un nouveau territoire est créé dans l'est de l'Arctique pour que les Inuits puissent y habiter, y chasser et y exercer un contrôle sur les ressources du sous-sol.
  • C'est aussi l'accord des Nishgas, signé en 1996, signé avec le gouvernement de la Colombie-Britannique. Cet accord prévoyait la remise d'une somme de près de 196 millions à la tribu, ainsi que leur autodétermination et le contrôle des ressources naturelles sur leur territoire situé dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique. Cet accord faisait suite au combat d'un chef autochtone, Frank Calder qui, en 1973, tenta de poursuivre en justice le gouvernement de la Colombie-Britannique afin d'obtenir une compensation financière pour des terres historiquement occupées par sa tribu.

 

L'affaire des pensionnats autochtones:

Si la Crise d'Oka a révélé la frustration de tout un peuple, une autre affaire a surgit plus récemment, révélant un peu plus cette incapacité de forger dans le passé cette entente entre les autochtones et l'homme blanc : c'est l'affaire des pensionnats autochtones. Ces pensionnats fédéraux, administrés selon les endroits, par les Églises Anglicane, Catholique, Presbytérienne, Baptiste ou Unie, avaient pour mission de faire assimiler le plus rapidement possibles les autochtones aux habitudes et aux mœurs de "l'homme blanc". A cette fin, les enfants étaient détachés de leurs racines et dépossédés de tous liens avec leur langue, leur culture et leur histoire. Plus grave, de nombreux pensionnaires furent victimes de sévices et d'agressions sexuelles.

Le dernier pensionnat a fermé en 1996. Deux ans plus tard, en 1998, la ministre des affaires indiennes présenta des excuses officielles aux victimes, mais ces excuses furent jugées insuffisantes. Ce n'est que 10 ans plus tard, le 11 Juin 2008, que le gouvernement du Canada présentera ses excuses, peu après l'établissement d'une commission « de vérité et de réconciliation ». Cette commission qui doit durer jusqu'en 2014 a notamment pour tâche de recueillir le maximum de témoignages au sujet de ces pensionnats afin de les reconnaître, et de sensibiliser le public sur ce qu'il s'est passé ainsi que sur les répercussions que ces institutions ont eu.

Emblématique peut-être de ce refus du Canada à renouer un lien avec les autochtones qui peuple son territoire, alors que dans le même temps il est un pays qui cultive et vante une image de "terre d'accueil", le Canada est l'un des 4 pays à avoir refusé de signer la déclaration des nations unies sur les droits autochtones, avec les États-Unis et la Nouvelle-Zélande.

Sources :